Vocabulaire ou orthographe : appelons un chat un chat!

 ©Canstockphoto / Dusan

 

En éducation, le mot «vocabulaire» est très souvent mal utilisé par plusieurs enseignants et créateurs d’exercices et d’applications. C’est l’heure d’une petite mise au point!

 

– Si mon objectif est que mes élèves améliorent leur vocabulaire, je veux qu’ils connaissent la signification des mots.

Exemple : «Je sais que le mot délai veut dire une période de temps pour faire quelque chose.»

 

– Si mon objectif est que mes élèves améliorent leur orthographe (lexicale), je veux qu’ils sachent bien écrire les mots.

Exemple : «Je sais que le mot délai s’écrit d, é, l, a, i.»

 

Le vocabulaire et l’orthographe (lexicale) ne sont pas synonymes et représentent deux composantes importantes dans l’apprentissage de la langue. Appelons un chat un chat!

 

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

 

 

Est-ce que l’école tue l’envie d’apprendre?

motivation-google-okCrédit image : «Book», oeuvre du peintre Paweł Kuczyński

Nos élèves sont-ils motivés? Si la réponse est non, nous avons un gros problème! Si la réponse est oui, ne nous réjouissons pas trop vite parce que plusieurs de nos élèves le sont, mais de manière extrinsèque. Serions-nous en train de tuer l’envie d’apprendre de nos jeunes?

 

DES CHIFFRES INQUIÉTANTS

Certaines études québécoises démontrent que, dès la 3e année du primaire, l’intérêt pour l’école ainsi que celui relié à la lecture et à l’écriture ont déjà amorcé leur chute libre chez nos jeunes, particulièrement du côté des garçons. Au secondaire, la FEEP (Fédération des établissements d’enseignement privés) a réalisé une vaste enquête en 2009-2010 auprès de 44 000 élèves. On y apprend, entre autres, que 50% des élèves de 1re secondaire et seulement 25% des élèves de 5e secondaire disaient fournir un maximum d’efforts à l’école. Des statistiques qui donnent froid dans le dos! Lorsqu’il est question de motivation, nous spécifions rarement à laquelle nous faisons référence: l’extrinsèque ou l’intrinsèque.

 

LA MOTIVATION EXTRINSÈQUE 

La motivation extrinsèque pousse un élève à s’engager dans une activité en raison d’éléments extérieurs à celle-ci. Cette forme de motivation crée un état d’obéissance temporaire et génère malheureusement des effets néfastes à long terme. Elle est souvent associée à la «carotte» et le «bâton».

Dans son ouvrage Punished by rewards, Alfie Kohn mentionne que bon nombre d’enseignants ont délaissé les punitions pour se centrer sur le côté positif des récompenses. L’auteur avance que les récompenses ont le même effet négatif à long terme que les punitions. «Fais ceci et tu auras cela!» serait donc aussi dommageable que «Ne fais pas ceci sinon tu auras cela!» Pour Kohn, ce sont deux façons de manipuler nos élèves qui détruisent à petit feu leur envie d’apprendre. Il nous pose la question suivante: «Est-ce que les récompenses motivent les humains?» Sa réponse est: «Absolument, cela les motive à obtenir des récompenses!» Ceci étant dit, que ce soit par la promesse d’une récompense ou la menace d’une punition, la motivation extrinsèque occupe assurément une trop grande place dans nos écoles. Pensons seulement à tout le stress engendré par la «gestion de classe»!

 

LA MOTIVATION INTRINSÈQUE

La motivation intrinsèque, quant à elle, amène un élève à réaliser une activité parce qu’il a tout simplement envie de la faire. À tort, plusieurs croient qu’un élève est motivé intrinsèquement lorsque celui-ci est engagé dans une tâche à cause de motifs provenant de lui-même (désir de se surpasser, atteinte d’un but ultérieur…). Le terme intrinsèque n’est pas un synonyme d’interne ou de personnel. Il réfère uniquement à l’activité. Sans cette forme de motivation, nos élèves travaillent donc sur le pilote automatique en ne donnant clairement pas le meilleur d’eux-mêmes. Bien que la plupart d’entre eux «réussissent», comment se porte vraiment leur plaisir à lire, à écrire et à résoudre des problèmes?

Certains se disent peut-être : «Bon, c’est bien beau la motivation intrinsèque, mais dans la réalité, mes élèves ne peuvent pas être motivés intrinsèquement chaque minute de la journée!» Je suis tout à fait d’accord avec cette affirmation. Par contre, si nos élèves ne peuvent pas l’être constamment, pourraient-ils l’être un peu plus chaque jour?

 

DES SOLUTIONS

Des spécialistes nous suggèrent parfois des trucs ou stratégies pour agir sur la motivation scolaire. Ce sont trop souvent des raccourcis qui peuvent avoir un effet sur la motivation extrinsèque. Étant donné que la motivation intrinsèque est directement reliée à la tâche, nous ne pouvons nous enfouir la tête dans le sable et fuir cette réalité. Si nous désirons que nos élèves soient davantage motivés intrinsèquement, nous devons absolument nous questionner sur le «potentiel d’engagement» des tâches, problèmes et activités que nous soumettons à nos élèves. Ensuite, un certain ménage devrait être effectué en supprimant, en modifiant et en ajoutant des activités. Bref, pour favoriser la motivation intrinsèque de nos élèves, nous devons leur proposer un plus grand nombre d’activités engageantes!

J’ai décidé de mettre sous les projecteurs ce sujet important, d’une part, en écrivant cet article et, d’autre part, en créant une formation. Durant celle-ci, je vous amène à réfléchir à votre impact sur la motivation intrinsèque de vos élèves et je vous présente évidemment des pistes concrètes afin de rendre vos activités plus engageantes. Pour en savoir davantage, veuillez cliquer ici: https://sebastiengagnoncp.com/favoriser-motivation-intrinseque-eleves

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

 

 

 

 

 

 

 

 

Un cahier d’exercices de grammaire, en as-tu vraiment besoin?

 

«Quel cahier d’exercices de grammaire me recommandes-tu?» Cette question tout à fait légitime m’est souvent posée par des enseignants. Elle a sans doute même déjà traversé votre esprit. Cette interrogation fait ressortir, d’une part, l’importance de se munir de matériel pédagogique adéquat et, d’autre part, du recours nécessaire à des exercices pour amener les élèves à devenir des scripteurs plus compétents. D’ailleurs, le besoin de s’exercer n’est pas réservé qu’au domaine de la grammaire. Par exemple, les sportifs ou les musiciens n’y échappent pas lorsqu’ils désirent améliorer leurs performances. Bon, certains emploient parfois des moyens peu honorables, mais c’est une autre histoire!

 

Des enseignants prisonniers du cahier

Encore aujourd’hui, le cahier d’exercices règne comme roi et maître dans plusieurs milieux. On doit le compléter sous peine d’éventuelles plaintes de parents. «On paye pour le cahier, alors il doit être tout rempli!» Beaucoup d’enseignants m’ont avoué en être prisonniers. Un jour, une enseignante m’a même dit: «J’aimerais bien utiliser d’autres exercices ou activités, mais la réalité est que je dois prendre le %&!@#$ de cahier!!!» À mon humble avis, ce ne devrait pas être le cahier qui mène ou plutôt, devrais-je préciser, l’argent dépensé pour son acquisition.

 

Une réflexion nécessaire

Par ailleurs, plusieurs équipes d’enseignants ont délaissé les cahiers des maisons d’édition pour créer leur propre version. En fait, que vous optiez pour l’un ou l’autre, je vous demande : «Est-ce que les exercices que vous proposez à vos élèves aident ou nuisent à la consolidation de leur raisonnement grammatical?» J’estime qu’une grande réflexion est nécessaire quant au choix des exercices. Dans l’incontournable Enseigner la grammaire nouvelle – La comprendre et l’enseigner, Marie Nadeau et Carole Fischer approfondissent le sujet. À mon avis, certaines questions doivent absolument être abordées avant de planifier votre enseignement de la grammaire et sélectionner vos exercices. En voici quelques-unes!

  • Les exercices que vous utilisez sont-ils vraiment efficaces?
  • Quels sont les types d’exercices que vous soumettez à vos élèves?
  • Dans quel ordre présentez-vous les différents types d’exercices pour chaque notion?
  • Quelle quantité d’exercices considérez-vous comme suffisante pour chacun de vos élèves?

 

Une formation revigorante

Depuis trois ans, je donne dans les écoles ma formation Revigorer votre enseignement de la grammaire. Au cours de cette rencontre, j’aborde l’impact des exercices sur la consolidation des connaissances et le transfert tant attendu dans les productions écrites. En plus de présenter mon grand ménage des manipulations syntaxiques nécessaires à la reconnaissance des classes de mots, je propose également des pistes concrètes pour rendre les élèves plus actifs dans l’apprentissage de la grammaire. «Un cahier d’exercices, en as-tu vraiment besoin?» Je serais ravi de vous aider à répondre à la question!

 

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

 

 

 

 

 

 

Inférer n’est pas une stratégie!

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Depuis six ans, j’ai rencontré des centaines d’enseignants au primaire et d’enseignants de français au secondaire dans le cadre de ma formation Enseigner la compréhension avec le tableau interactif. J’ai constaté que plusieurs voient l’inférence comme une stratégie de lecture.

Dans son incontournable La lecture – Apprentissage et difficultés, la spécialiste de la lecture Jocelyne Giasson considère véritablement l’inférence comme un processus : «Le concept d’inférence est complexe, car il renvoie à la fois à un processus et à un produit.» En ce qui concerne les stratégies, elle précise : «On parle de stratégie lorsque le lecteur décide consciemment d’utiliser un moyen ou une combinaison de moyens pour comprendre un texte…»

En d’autres mots, un lecteur peut utiliser des stratégies afin de mieux saisir le sens de ce qu’il lit. Ainsi, lorsque nos élèves se retrouvent en bris de compréhension, ils devraient recourir à des stratégies (questionner, clarifier…) que nous leur avons enseignées pour générer des inférences.

Bref, nous devons absolument enseigner à nos élèves à inférer, mais en ne qualifiant pas ce processus cognitif de stratégie!

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

Inférer, c’est comme se faire un café!

La capacité à inférer est essentielle à la compréhension.

Cliquez sur  l’image pour en savoir plus!

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Si vous désirez en savoir plus sur l’enseignement de l’inférence, j’aborde des pistes concrètes à ce sujet dans ma formation Enseigner la compréhension avec le tableau interactif.

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

Cachez vos textes pour développer la compréhension chez vos élèves!

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Un outil simple et utile

Dans le cadre de ma formation Enseigner la compréhension avec le tableau interactif que je donne depuis six ans, j’ai rencontré des centaines d’enseignants et orthopédagogues à la recherche de moyens pour aider leurs élèves à mieux comprendre quand ils lisent.

Si c’est également votre cas, laissez-moi vous présenter un outil inclus dans le logiciel de votre tableau interactif qui peut vous prêter main-forte : le masque d’écran! Vous pouvez l’utiliser sur votre ordinateur si vous possédez Smart Notebook. Si vous disposez plutôt du logiciel ActivInspire, vous le trouverez sous le nom du rideau.

Grâce à ce fabuleux outil, vos élèves voient seulement ce que vous désirez leur montrer! Vous contrôlez donc l’affichage à l’écran d’un texte que vous voulez leur faire lire. Vous avez ainsi la possibilité de dévoiler son contenu une ligne à la fois. Le masque d’écran peut être abaissé verticalement… et même horizontalement avec Smart Notebook.

Vous pouvez vous en servir avec des textes :

  • En ligne (sites web, Google Doc…)
  • En format physique (Word, Pages, PDF, PPT…)
  • Dans un fichier interactif (Smart Notebook ou ActivInspire)

 

5 bonnes raisons d’utiliser le masque d’écran

1) Vous permettez à vos élèves, particulièrement à ceux qui ont une faible mémoire de travail, de mieux intégrer les nouvelles informations et de générer de meilleures inférences.

2) Vous bénéficiez d’un temps d’arrêt profitable pour enseigner à vos élèves des stratégies de compréhension comme la prédiction et le questionnement.

3) Vous facilitez la compréhension chez vos élèves qui ont des difficultés en fluidité, plus précisément avec la vitesse de lecture.

4) Vous augmentez l’engagement de vos élèves en stimulant leur curiosité naturelle vu qu’ils n’ont pas accès à la suite du texte.

5) Vous tirez avantage de la technologie pour donner une réelle valeur ajoutée à votre enseignement.

L’image servant d’exemple est tirée de Sur les traces de l’inférence. Cette activité interactive est disponible sur www.rivieraeducation.com dans une version destinée aux élèves de 6 à 10 ans et une autre à ceux de 11 à 14 ans.

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

 

 

 

 

 

 

 

Laissez-moi vous raconter la fabuleuse légende de la réforme!

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Il m’est difficile d’entendre et de lire continuellement toutes sortes de commentaires à l’égard de la réforme du système éducatif québécois. Si vous me le permettez, laissez-moi vous raconter cette belle légende…

La réforme, quelle réforme?

Depuis de nombreuses années sur le terrain comme enseignant et conseiller pédagogique, je peux vous affirmer que le projet de réforme annoncé en 2005 ne s’est jamais véritablement concrétisé dans le milieu. Si je peux me permettre une tel propos, c’est que des centaines d’enseignantes et enseignants du primaire et du secondaire me l’ont confié! Plusieurs m’ont avoué, à voix basse, ne pas avoir effectué de réels changements liés à la réforme dans leur enseignement. Comprenez-moi bien, la plupart des enseignants désirent s’améliorer et se donnent corps et âme, chaque jour, pour contribuer à la réussite de leurs élèves. En fait, le concept de réforme représente, depuis plusieurs années, un vulgaire fantôme qui plane au-dessus de la tête des enseignants, des membres de direction ainsi que des conseillers pédagogiques. Nous n’en sommes plus là.

La réforme déformée

D’une part, les détracteurs de la réforme frappent le même clou en nous martelant qu’il faut enseigner des connaissances et non des compétences. Je les invite à jeter un coup d’oeil à la Progression des apprentissages des différentes matières au primaire et au secondaire. On y retrouve des centaines de notions clairement réparties par niveau qui doivent être obligatoirement enseignées. Par exemple, la compétence à écrire demande un tas de connaissances à maîtriser. Contrairement à ce que certains se plaisent à penser, les enseignants n’ont pas arrêté d’enseigner ces contenus! Ce qu’il faut comprendre est que connaître une règle de grammaire et même réaliser des exercices avec succès ne garantit pas le transfert en contexte d’écriture. Les connaissances sont évidemment nécessaires, mais pas suffisantes pour développer la compétence à écrire.

D’autre part, voici une capture d’écran de ce qui était proposé comme approches pédagogiques à la page 8 du document sur le Renouveau Pédagogique publié en 2005 par le MELS. (http://www.fcsq.qc.ca/fileadmin/medias/PDF/452755.pdf)

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Plusieurs ont vu dans la réforme que la pédagogie par projet était la seule à privilégier. Cette « déformation », qui ne date pas d’aujourd’hui, fut tellement véhiculée dans les médias et le milieu scolaire qu’elle a largement contribué à dénaturer les fondements de la réforme. Le lien entre la réforme et l’idée de «faites-de-beaux-projets-et-laissez-les-élèves-apprendre-tout-seuls» se solidifiait de jour en jour. Étrangement, ce que je lis et comprends du document d’origine n’est qu’un appel au choix des stratégies d’enseignement afin de rendre l’élève plus actif. En passant, la pédagogie par projet est très peu utilisée dans les écoles québécoises!

Prêts, pas prêts, faites la réforme!

Bien que les assises du projet m’apparaissaient fort intéressantes, la tentative de mise en oeuvre fut plutôt catastrophique. Je fus moi-même un témoin privilégié comme enseignant de français au secondaire. Le problème, à mes yeux, ne consistait pas à ce qui nous était présenté par les conseillers pédagogiques, jetés précipitamment dans la fosse pour l’occasion. En fait, le MELS à l’époque avait, de toute évidence, négligé quelques petits détails.

  • Améliorer sa pédagogie exige beaucoup de temps alors que les enseignants en manquent cruellement.
  • Changer ses pratiques demande énormément de soutien; or le milieu scolaire n’était pas prêt à bien accompagner les enseignants.
  • L’intégration de nouvelles stratégies d’enseignement n’est pas simple, surtout lorsque l’on ne les a jamais connues comme apprenant.
  • Les grandes maisons d’édition ont adapté leur matériel au contenu des nouveaux programmes, mais elles n’ont pas aidé les enseignants à améliorer l’efficacité de leur enseignement.

Mon intention avec cet article n’est point de redorer l’image du projet de la réforme. Je me devais de remettre les pendules à l’heure en faisant entendre une autre réalité, un différent son de cloche qui résonne lorsque l’on tend l’oreille.

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

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L’enseignement de l’inférence : un cadeau pour l’avenir de nos jeunes

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Je ne vous apprendrai rien en affirmant que la lecture est au coeur de la réussite scolaire. Toutefois, l’enseignement de la compréhension représente tout un défi sur le plan pédagogique. Facile à dire, mais pas si facile à faire!

 

La compréhension

Savoir lire ne suffit pas pour comprendre. Un bon lecteur doit être actif mentalement pour relier les phrases qui se succèdent et intégrer leur signification en un tout cohérent. La compréhension implique que le lecteur crée des inférences en unissant les indices du texte et ses connaissances. Plusieurs élèves éprouvent des difficultés à accéder au sens du texte. Ils doivent apprendre, d’une part, à réguler leur compréhension et, d’autre part, à développer leur flexibilité pour intégrer de nouveaux indices en effectuant les retours en arrière nécessaires.

 

De l’évaluation vers l’enseignement de la lecture

Nous avons longtemps cru qu’il suffisait de demander aux élèves de lire un texte, de leur faire répondre à des questions et de passer à la correction afin que leur compréhension s’améliore. Ce dispositif pédagogique correspond à un mode d’évaluation et non à un mode d’enseignement. Cette approche très répandue provient principalement de nos vieilles habitudes transmises par l’utilisation des manuels de maisons d’édition. Aujourd’hui, de plus en plus d’enseignants considèrent qu’ils doivent mieux guider l’apprentissage de la compréhension et, particulièrement, le développement de la capacité à inférer chez leurs élèves. Si vous désirez en savoir plus sur l’enseignement de l’inférence, j’aborde des pistes concrètes à ce sujet dans ma formation Enseigner la compréhension avec le tableau interactif.

 

Des pistes pour travailler les inférences

Spécialiste de la lecture au Québec, Jocelyne Giasson suggère plusieurs moyens pour travailler les inférences dans La lecture – Apprentissage et difficultés (2011). En voici quelques-uns :

  1. Commencer par les inférences à l’oral.
  2. Exploiter les inférences de manière visuelle : photos, caricatures, publicités, etc.
  3. Utiliser les blagues et les devinettes.
  4. Poser souvent des questions d’inférence.
  5. Recourir à des textes à inférence pragmatique : objet, agent, lieu, etc.

Riviera Éducation propose Sur les traces de l’inférence. Ludique et innovante, cette activité spécialement conçue pour exploiter le potentiel du tableau interactif comporte de courts textes à inférence pour les 6 à 10 ans ainsi que pour les 11 à 14 ans. Le produit est disponible sur Smart Notebook ou sur ActivInspire. Voici une courte vidéo qui en présente un aperçu.

 

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique

La carte cachée des enseignants finlandais : la carte mentale!

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Je l’avoue, j’ai un faible pour la Finlande. Je rêve d’aller un jour découvrir ses grands espaces, ses forêts fabuleuses, ses spas naturels et évidemment son système éducatif. Plusieurs spécialistes font ressortir de grandes différences entre son système et le nôtre : une meilleure formation des enseignants, une plus grande importance accordée à l’éducation, une haute reconnaissance du métier d’enseignant parmi la population…

Cependant, une des particularités plutôt méconnues de son système est l’utilisation de la carte mentale. Plusieurs enseignants finlandais font usage de ce redoutable outil pédagogique avec leurs élèves dès le bas âge.

Qu’est-ce qu’une carte mentale?

Une carte mentale est un diagramme qui représente l’organisation des liens hiérarchiques entre différents concepts ou idées. Contrairement à un simple schéma, la carte mentale offre une représentation en arborescence d’éléments. On peut créer une carte mentale à l’aide d’outils informatiques (logiciels, sites web, application) ou en utilisant simplement une feuille de papier et des crayons de couleur.

Pourquoi utiliser la carte mentale en classe?

Peu importe le niveau ou la discipline, le recours à la carte mentale peut réellement contribuer à consolider les apprentissages des élèves. Voici quelques-uns de ses avantages illustrés dans… une carte mentale!

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Un atelier dans votre école!

Je m’intéresse à cette stratégie d’enseignement depuis plusieurs années et je suis convaincu que cette carte peut aider les élèves à mieux apprendre. J’offre donc un atelier destiné aux enseignants qui vise à les soutenir dans l’intégration de cet outil dans leur enseignement. Pour en savoir davantage sur cet atelier, cliquez ici.

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique et propriétaire de Riviera Éducation

 

 

 

Vos élèves développent-ils leur flexibilité… en lecture?

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Comprendre, c’est construire dans notre cerveau une première représentation au début du texte et la faire évoluer en intégrant les nouveaux éléments au cours de la lecture. Certains jeunes éprouvent de la difficulté à les intégrer tandis que d’autres ont tendance à conserver leur hypothèse de départ même en présence d’éléments contradictoires. Pour arriver à bien comprendre, vos élèves doivent apprendre à être flexibles!

 

Quelques pistes pour enseigner la flexibilité

  • Lors de lecture en groupe, attirer l’attention de vos élèves sur le fait qu’ils doivent demeurer alertes et ne pas rester nécessairement fixés à leur première idée.
  • Demander à vos élèves de relire un texte pour retrouver et réunir les indices qui leur permettent de justifier leurs hypothèses et leur compréhension.
  • Donner à vos élèves le début d’un texte, leur demander de répondre à des questions et leur présenter la fin du texte.

 

La flexibilité en action

Afin de rendre plus concret la flexibilité et de proposer une façon différente de la travailler, j’aimerais vous faire vivre une courte activité si vous avez envie de vous prêter au jeu!

Voici une question pour vous.

1

 

 

Voici la première phrase du texte.

2

Quelle serait votre réponse à la question?

 

 

 

Voici la deuxième phrase du texte.

3

Quelle serait votre réponse à la question?

Est-ce la même ou a-t-elle changé?

 

 

 

Voici la troisième phrase du texte.

4

Quelle serait votre réponse à la question?

Est-ce la même ou a-t-elle changé?

 

 

 

Voici la dernière phrase du texte.

5

Quelle serait votre réponse finale?

A-t-elle changé plusieurs fois au cours de votre lecture?

 

 

 

6

Vous avez donc trouvé que Michel est un boulanger!

 

 

 

Comment avez-vous fait?

Que s’est-il passé dans votre cerveau?

 

 

 

7

 

Au cours de la lecture, vous avez réalisé un travail pas à pas en réunissant et en intégrant les nouveaux indices (traces). Vous avez révisé votre représentation mentale afin d’ajuster votre hypothèse. En d’autres mots, vous avez fait preuve de flexibilité!

L’activité que vous venez de vivre représente un aperçu de la 1re édition de Sur les traces de l’inférence pour les 6 à 10 ans. Elle vise à travailler les inférences et la flexibilité à l’aide de votre tableau interactif. Une version pour les 11 à 14 ans avec des textes plus longs et plus complexes est maintenant disponible. Rendez-vous sur www.rivieraeducation.com pour en savoir plus!

 

Sébastien Gagnon, consultant pédagogique